Séminaire IISMM, GSRL, 2026-2027 « Les partis politiques musulmans : un vecteur de sécularisation ? » — du 13 octobre 2026 au 8 juin 2027 au Campus Condorcet Aubervilliers
GSRL, Campus Condorcet Aubervilliers
2e mardis de chaque mois de 14h à 16h
du 13 octobre 2026 au 8 juin 2027
Responsables :
Stéphane A. Dudoignon, directeur de recherche CNRS GSRL
Julien Levesque, chargé de recherche CNRS GSRL
Parti de la République islamique (Iran, à partir de 1979), parti du Renouveau islamique (PRI, Tadjikistan, 1992), parti de la Justice (AP, Turquie, 1996-97), parti de la Justice et du Développement (AKP, Turquie, depuis 2002), parti Da‘wa (chiite, Irak, 2004-23), Mouvement de la Résistance islamique (Hamas, bande de Gaza, depuis 2005), parti de la Liberté et de la Justice (PLJ, Égypte, 2011-13), Renaissance (Ennahdha, Tunisie, 2011-14), parti de la Justice et du Développement (PJD, Maroc, 2011-21) : autant de partis politiques qui se sont à la fois réclamés de l’islam, présentés aux élections et ont gagné la responsabilité du gouvernement de façon démocratique avant, pour certains, d’en être chassés par un coup d’État militaire, depuis le Tadjikistan en 1992 jusqu’à l’Égypte en 2013.
Des partis qui s’inscrivent très souvent, de manière pratique, dans des cadres propres à la modernité : État centralisé doté de frontières ; système électoral, multipartisme et représentation parlementaire ; systèmes juridique et éducatif en grande partie sécularisés… Des partis traversés, cependant, par une tension car le cadre dans lequel ils agissent n’est pas considéré comme l’idéal historique concret auquel ils aspirent, à savoir un « régime islamique » associé à une société intégralement islamisée. En même temps, en Afghanistan avec la Jam‘iyyat-i islami et les partis mujahid puis le mouvement Taliban, au Liban avec le Hezbollah, en Tunisie même avec Ennahda ou encore dans la bande de Gaza avec le Hamas, on a affaire à des mouvements polymorphes, agissant longtemps dans des contextes de guérilla, puis en État dans l’État dans le cadre de confessionnalismes politiques, s’emparant du pouvoir et/ou le conservant sans recours au processus électoral.
Proche des Frères musulmans pour les sunnites, ces nouveaux partis ont parfois conservé avec les Voies soufies des liens étroits, ce qui ne les a pas empêchés d’adopter un mode d’organisation séculier fondé sur les élections. L’objectif de cette recherche est de définir le degré de sécularisation de chacun de ces partis en comparant leurs parcours respectifs et leurs positions sur des sujets communs : nature de l’Etat, rôle des élections, droits de la majorité, droits des minorités, droits des femmes, statut personnel, place des droits humains, conceptions économiques, chartes et statuts du parti, politique internationale voire grande stratégie… Une synthèse permettra de mieux identifier une partie de ceux que certains observateurs qualifient d’islamistes mais qu’il serait erroné de confondre avec les jihadistes et un vaste éventail de salafistes opposés au principe de pouvoir élu. La création du PLJ au moment des Printemps arabes interroge également sur un lien avec la société civile. L’une des questions que posent l’histoire de ces organisations étant de savoir si l’expérience vécue au sein du cadre étatique moderne conduit les cadres et militants de ces partis à réviser leur objectif à terme ou si cette expérience n’est qu’un moyen non violent de s’approcher de l’horizon souhaité.
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Ce séminaire mensuel porté par le programme « Islam : doctrines, sociétés, politiques » du GSRL (UMR 8582) vise à interroger de manière comparative l’articulation entre politique et religion dans le monde musulman à travers la notion de sécularisation. Il s’inscrit dans le projet « Les partis politiques musulmans : un vecteur de sécularisation ? » coordonné par Stéphane Dudoignon et Pierre-Jean Luizard. Ce projet qui donné lieu à une journée d’étude en 2024, puis au séminaire mensuel en 2024-25 et 2025-26. En 2026-27, le séminaire entrera dans sa troisième année et nous nous attacherons notamment à organiser des séances thématiques comparatives en vue de la préparation d’un ouvrage collectif.
Calendrier des séances :
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Date |
Intervenant(e) |
Titre |
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1 |
13.10.2026 |
Monia Hilal |
Talal Asad et l’Etat moderne : un instrument de sécularisation violente contre les traditions religieuses |
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2 |
10.11.2026 |
Lucas Faure |
Faire de la politique autrement : islam, ONG et sécularisation en France et au Royaume-Uni |
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3 |
8.12.2026 |
Marie Miran-Guyon |
La laïcité au prisme de l’imaginaire sociopolitique musulman en Côte d’Ivoire |
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4 |
12.01.2027 |
Pierre-André Hervé |
L’islam communautarisé, une sécularisation par le haut ? Enseignements du Liban mandataire (1920-1943) |
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5 |
9.02.2027 |
Stéphane Lacroix |
Radicalité théologique et plasticité politique : pourquoi le parti salafiste égyptien Hizb al-Nur n’est pas un parti islamiste |
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6 |
9.03.2027 |
Adnan Çelik |
La montée de la mouvance islamiste kurde dans l’ombre de l’État turc : le cas du Hüda-Par |
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7 |
13.04.2027 |
Rémy Madinier |
Le parti Masyumi en Indonésie (1945-1960) : sécularisation ou désacralisation ? |
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8 |
11.05.2027 |
Agathe Guy |
Négocier la place de l’islam, de la régulation du marché à la régulation de la licéité religieuse dans le centre du Qazaqstan post-soviétique |
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9 |
8.06.2027 |
Laurence Gautier |
Gardiens de la foi et du « vrai » sécularisme : la Jamiat Ulama en Inde post-indépendance |
Lien de connexion : sur demande formulée à gsrl.idsp@gmail.com
PROGRAMME EN PDF
À retrouver sur le site du GSRL
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Chargé de diffusion scientifique (22 septembre 2026). Séminaire IISMM, GSRL, 2026-2027 « Les partis politiques musulmans : un vecteur de sécularisation ? » — du 13 octobre 2026 au 8 juin 2027 au Campus Condorcet Aubervilliers. IISMM. Consulté le 12 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16tm6

