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Appel à communications | Colloque « Au divan des Orientalistes : questions de réflexivité aux XVIIIe-XXIe siècles », 15-16 mars 2027, Inalco, Paris – LIMITE : 15/09/2026

Call for papers

Appel à communications/Call for Papers

Au divan des Orientalistes : questions de réflexivité aux XVIIIe-XXIe siècles

15-16 mars 2027, Inalco, Paris

Madalina Vârtejanu-Joubert et Nicolas Pitsos

 

Les Orientalistes se pensent-ils comme tels ? Celle-ci est foncièrement la question posée en vue de cette rencontre. 

Question polysémique s’il en est, car qu’est-ce que l’Orient et qu’est-ce qu’un l’Orientaliste ? Il est bien connu que l’Orient est une réalité géographique mais aussi imaginaire, car on y intègre volontiers l’Afrique du Nord, le Maghreb/« Occident ». L’Orient est aussi un camaïeu de régions – Balkans, Levant, Proche-Orient, Moyen et Extrême Orient – dont la frontière change avec les époques. Nonobstant sa fluctuation, cette notion ne cesse de demeurer et d’organiser un certain pan de la géographie des savoirs. Ceci à tel point qu’en Chine, à l’Université de Beijing, subsista, jusqu’en 1983, une division tripartite comprenant un département des « Langues et littératures occidentales », un autre de « Langue et littérature russe » et un autre regroupant les « Langues et littératures orientales ». Ainsi, la notion d’Orient ne peut pas s’entendre uniquement sous l’angle de la fluidité géopolitique mais aussi sous celui de la cristallisation comme domaine d’étude.

Avant que cela ne devienne un terme péjoratif associé à un -isme, en occurrence l’« Orientalisme », ceux qui étudiaient l’Orient se désignaient eux-mêmes comme Orientalistes. Preuve en est, entre autres, le « Congrès international des Orientalistes » organisé annuellement entre 1873 et 1912[1]. Mais quelle est l’histoire de cette auto-appellation ? Comment se construit cet esprit de famille et comment advient cette conscience d’appartenir à une branche à part de spécialistes ? Pour certains, l’Orient est un bloc et nécessite un savoir encyclopédique, pour d’autres, la technicité de la maîtrise des sources induit la spécialisation[2].

La proposition scientifique de ce colloque est de mettre en évidence le rapport explicite et conscient du savant à son objet d’étude, de saisir la réflexivité des Orientalistes, ce « lien étroit, intime et tout personnel qu’ils entretiennent avec leur travail ». On invite les chercheurs à surprendre les Orientalistes en train d’« expliciter, en historien, le lien entre l’histoire qu’on a faite et l’histoire qui vous a fait », pour reprendre et extrapoler les mots de Pierre Nora[3].

Les autobiographies, les mémoires, les journaux, la correspondance, mais aussi les préfaces des livres sont les potentiels dépositaires de ces traces. On peut également les dénicher aux détours d’une note de bas de page ou dans des préambules d’articles plus élaborés.

Nous invitons à interroger l’espace réflexif des Orientalistes universitaires – philologues, archéologues, historiens, sociologues, anthropologues, linguistes – mais aussi celui des Orientalistes appartenant à d’autres horizons professionnels – éditeurs, libraires, bibliothécaires. Comment ceux qui ont souhaité produire ou classer des connaissances sur l’Orient, ont-ils effectué ce va-et-vient indispensable entre une interrogation sur le choix de leurs propres sujets d’étude et leur détachement pour mieux construire des cadres analytiques ? Ont-ils réfléchi aux raisons les ayant conduits à envisager telle ou telle recherche, éditer telle ou telle revue, établir des critères pour classer telle ou telle collection ? Se sont-ils situés dans un contexte historique ? Ont-ils saisi un quelconque déterminisme social ou politique ?

Modalités de soumission 

Si vous souhaitez participer aux travaux de ce colloque, qui se tiendra à Paris les 15 et 16 mars 2027, veuillez envoyer avant le 15 septembre 2026 à l’adresse suivante, ReflexOrient2027@gmail.com votre proposition en anglais ou en français, de 1500 caractères maximum, suivie d’une brève présentation bio-bibliographique. Les notifications d’acceptation seront communiquées fin septembre 2027. Les langues de travail de cette rencontre seront l’anglais et le français.

Comité scientifique : 
Simona Corlan-Ioan (Université de Bucarest)

Cristina Ion, (Bibliothèque Nationale de France)
Aleksandra Kolaković (Institut d’études politiques, Belgrade)
Frosa Pejoska-Bouchereau, (PLIDAM/Inalco)
Nicolas Pitsos (CREE/Inalco, BULAC)

Madalina Vârtejanu-Joubert (PLIDAM/Inalco)
Jean-Michel Butel (INALCO, IFRAE)

[1] Pascale Rabault-Feuerhahn, « « Les grandes assises de l’orientalisme ». La question interculturelle dans les congrès internationaux des orientalistes (1873-1912) », Revue germanique internationale, 12 | 2010, 47-67.
[2] Suzanne L. Marchand, German Orientalism in the Age of Empire, Cambridge University Press, Cambridge, 2009.
[3] Pierre Nora (dir.), Essais d’ego-histoire, Gallimard, Paris, 1987, p. xxxiii-iv.

 


Appel à communications/Call for Papers

On the Orientalists’ Divan: Questions of Reflexivity from the 18th to the 21st Centuries

15-16 March 2027, Inalco, Paris

Madalina Vârtejanu-Joubert et Nicolas Pitsos

 

Do Orientalists see themselves as such? This is essentially the question posed for this meeting. 

A question with many meanings, if ever there was one, for what is the Orient, and what is an Orientalist? It is well known that the East is not only a geographical reality but also an imaginary one, as North Africa and the Maghreb/‘West’—are often included within it. The East is also a diverse collection of regions—the Balkans, the Levant, the Near East, the Middle East and the Far East—whose boundaries have shifted over time. Despite its fluctuations, this concept continues to endure and to shape a certain aspect of the geography of knowledge. So much so that in China, at Peking University, a three-part division remained in place until 1983, comprising a department of ‘Western Languages and Literatures’, another of ‘Russian Language and Literature’, and a third covering ‘Eastern Languages and Literatures’. Thus, the concept of the Orient cannot be understood solely in terms of geopolitical fluidity, but also in terms of its crystallisation as a field of study.

Before it became a pejorative term associated with a form of -ism, in this case ‘Orientalism’, those who studied the East referred to themselves as Orientalists. One example of this is the ‘International Congress of Orientalists’, which was held annually between 1873 and 1912[1]. But what is the story behind this self-designation? How does this sense of family develop, and how does this awareness of belonging to a distinct branch of specialists come about? For some, the East is a single entity requiring encyclopaedic knowledge; for others, the technical nature of source analysis leads to specialisation[2].

The academic aim of this conference is to highlight the explicit and conscious relationship between the scholar and their subject of study, and to capture the reflexivity of Orientalists—that ‘close, intimate and entirely personal bond they maintain with their work’. Researchers are invited to catch Orientalists in the act of ‘explaining, as historians, the link between the history we have made and the history that has made us’, to borrow and expand upon the words of Pierre Nora[3].

Autobiographies, memoirs, diaries, correspondence, and book prefaces are all potential sources of such traces. They can also be found in footnotes or in the introductions to more detailed articles.

We invite you to explore the intellectual world of academic Orientalists – philologists, archaeologists, historians, sociologists, anthropologists and linguists – as well as that of Orientalists from other professional backgrounds – publishers, booksellers and librarians. How did those who sought to produce or classify knowledge about the East navigate this essential back-and-forth between questioning their choice of research topics and maintaining a degree of detachment in order to construct more effective analytical frameworks? Did they reflect on the reasons that led them to undertake a particular line of research, publish a particular journal, or establish criteria for classifying a particular collection? Did they situate themselves within a historical context? Did they recognise any social or political determinism?

Submission guidelines 

If you wish to participate in this conference, which will be held in Paris on March 15 and 16, 2027, please send your proposal—in English or French, no longer than 1,500 characters—along with a brief biographical and bibliographical note to reflexorient2027@gmail.com by September 15, 2026. Notifications of acceptance will be sent out in late September 2027. The working languages of this conference will be English and French.

Scientific Committee:
Simona Corlan-Ioan (University of Bucharest)
Cristina Ion, (National Library of France)

Aleksandra Kolaković (Institute of Political Studies, Belgrade)
Frosa Pejoska-Bouchereau, (PLIDAM/INALCO)
Nicolas Pitsos (CREE/INALCO, BULAC)
Madalina Vârtejanu-Joubert (PLIDAM/INALCO)
Jean-Michel Butel (INALCO, IFRAE)

[1] PascaleRabault-Feuerhahn, « « Les grandes assises de l’orientalisme ». La question interculturelle dans les congrès internationaux des orientalistes (1873-1912) », Revue germanique internationale, 12 | 2010, 47-67.
[2] Suzanne L. Marchand, German Orientalism in the Age of Empire, Cambridge University Press, Cambridge, 2009.
[3] Pierre Nora (dir.), Essais d’ego-histoire, Gallimard, Paris, 1987, p. xxxiii-iv.

 

 

Chargé de diffusion scientifique
Chargé de diffusion scientifique

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Chargé de diffusion scientifique (25 juin 2026). Appel à communications | Colloque « Au divan des Orientalistes : questions de réflexivité aux XVIIIe-XXIe siècles », 15-16 mars 2027, Inalco, Paris – LIMITE : 15/09/2026. IISMM. Consulté le 8 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16gsn


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